(Ami Karim / S petit Nico)
Un mec il y a longtemps racontait, que la vie c’est comme une boîte de chocolat / Putain, il a franchement du bol s’il a
simplement à choisir entre Ganache et Moka / La vie c’est plus une succession de paysages bucoliques et de tunnels
franchement suffoquants, / De temps qui speedent,
d’instants qu’on rate à force de
jamais être au bon endroit au bon
moment.
C’est vrai que le Temps est un mec pressé mais plein de fois je l’ai mis à l’amende, / Moi dans mon train ça va si vite qu’il me demande souvent de l’attendre. / Il peut se brosser je le connais bien il est plein de sourires hypocrites / Faut qu’il arrête de faire la victime, il me
rattrapera bien assez vite.
J’passe sûrement à coté de plein de gens qui auraient mérité que je m’attarde, / Des petits bouts de bonheur, des cadeaux, que la vie nous offre quand on cafarde... / Faut pas qu’ils se vexent, mais j’ai pas le temps, et lui, ça fait trop longtemps que je l’esquive, / Tout peut stopper à tout moment, je vis dans l’extrême, comme un canot à la dérive.
Je touche à tout, et je finis rien, je goûte, je teste, et je passe à autre chose, / J’ai la curiosité comme marque de pompes, où le vent me pousse, je pense pas, je fonce... / J’ai tellement de choses à découvrir, que je crois en la réincarnation, / Ma liste est longue mais je m’inquiète pas, dans ma vie d’après je serai vagabond.
J’utilise tous les palliatifs pour avoir l’impression que je voyage, / J’regarde Planète et sur la 5, toutes les nuits je bouffe des
reportages, / J’vais à Thoiry chaque fois que j’ai le temps pour découvrir un bout d’Afrique / J’écris des textes de voyageurs / quand ma vie se fige c’est la panique.
Y a que ça qui me fait vraiment flipper, sentir que ma solitude est là, / Quand je commence à gamberger sur le pourquoi de ce qu’on fait là, / Quand j’essaie de trouver des raisons à ce qui me fait peur, à ce qui me fait rire, / Je vis en vitesse pour oublier qu’un jour je serai obligé de ralentir.
J’bois mes kawas d’un coup sec, pourtant je sais qu’ils sont trop chauds, / Et maintenant je comprends pourquoi dans les bars c’est toujours café plus verre d’eau. / J’ai plein d’amis, y en a que j’aime pas, mais même les cons ont des choses à dire, / J’veux tout entendre, je veux tout savoir, je veux pouvoir peser le pour et le pire...
Quand je me ballade je le fais tout seul, mes copains en ont marre de moi, / Je marche pas, je cavale, je saute partout, que le soleil brille ou qu’il fasse froid, / J’prends la voiture, je prends l’autobus, et quand j’ai pas de ticket je prends le métro, / Mais c’est rare, là-dedans les gens font toujours la gueule, et puis en plus je suis claustro.
Mais je veux tout voir et rien oublier, alors je file plus vite que mes phrases... / Je rêve de Japon, d’Amazonie, et de
promenade dans les plaines du Caucase... / Dans ma chambre je punaise au mur les pays que je connais déjà / Et je sais que je dois vivre encore plus vite, moi les regrets me rattraperont pas.
J’ai pas de patience, j’ai trop de conscience, et j’ai peur du futur qui m’attend, / Peur de vieillir, peur de mourir, d’être un vieux con aigri qu’a pas su profiter à temps. / Je cours dans le passé, je traverse mes souvenirs comme une fusée, / Je me vois grandir, je me vois aimer, je me vois à l’aube des années lycée...
J’avais moins de bide, mais plus de rêves, et à l’époque je prenais mon temps. / Mais la vie ne dure qu’un battement de cils et ça maintenant je le comprends, / Alors j’ouvre grand mes yeux, pour que mes paupières aient plus de chemin à
faire. / Ma banlieue n’est plus un enclos mais le point de départ d’une épopée légendaire, Il me reste plein de pages à écrire mais tout ira bien, j’suis confiant, / Et un jour je vous dirai qu’ “il se maria et eut beaucoup
d’enfants“ / Et quand viendra mon point final, j’espère n’avoir rien à regretter, / Mais faut que je vous laisse la Vie m’appelle, et comme le Temps... Elle est pressée.